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Théâtre de rue médiéval.

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Le Théâtre de Rue Médiéval de la Marotte Compagnie Joyeuse.

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De tout temps la rue à été le reflet de son époque.Le théâtre de rue médiéval comme tout théâtre de rue d’ailleurs à pour origine cette particularité de se dérouler hors institution, d’être un espace de liberté et de créativité.Témoin des différentes commémorations ou contestations, la rue est un lieu cher à l’expression populaire.De tout temps le pouvoir en place c’est exercé à contrôler les débordements en codifiant ses rassemblements.

 

Petit Historique d’après nos lectures :

L’amuseur public semble être à l’origine de la première forme du théâtre de rue. C’est en chine et en Egypte que naît un type de spectacle qui devait ressembler à ceci « Un spectacle d’exaltation de la force, de l’adresse de l’ énergie humaine, OU les acteurs sont entourés de toutes parts par les spectateurs » (Thétard,1978). C’est donc du regroupement de quelques curieux autour d’un jongleur sur la place publique que débutent les premières manifestations de théâtre de rue. Les formes de théâtre Européen apparaissent en Grèce dans une ambiance festive, en l’honneur du Dieu du théâtre Dionysos.

« Lors du rituel du banquet, au cours duquel ils sont invités à boire le vin en l’honneur de celui qui le leur en offre pour l’apaisement de leurs soucis, les hommes se lèvent souvent et s’échappent en de turbulentes processions qui vont d’une maison à l’autre, dansant au son des flûtes et cymbales, semant désordre et tapage dans la cité, tels les satyres qui, sur les images, escortent Dyonisos. Ils jouent de la musique, dansent et chantent à la lueur des torches et se livrent à diverses plaisanteries et obscénités autorisée, » Décrit F.Frontisi-Ducroux.

Ce rituel autorisé porte le nom de « comos ».On suppose que ces processions sont probablement les premières formes de déambulation, que l’on retrouve ensuite au Moyen-âge pendant les Fêtes des Fous ou le Carnaval.

 

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Ce théâtre apparaîtrait vers le Xème siècle : il est né par la religion et pour elle. C’est en effet d’abord dans l’église que surgissent ces premières formes en illustrant des scènes liturgiques. Des moines incarnent des personnages du récit évangélique, utilisant les éléments de l’église comme décors. Il faut souligner que le jeu pouvait s’effectuer dehors. Cela ne relevait pas d’un choix artistique mais pratique en effet une représentation dans la rue pouvait toucher plus de monde que dans l’église. Le théâtre Médiéval naissant, tout en restant dans la sphère d’influence de la religion, il va progressivement s’étendre. De 1450 a1550 environ, c’est l’âge d’or du théâtre médiéval.

Son trait le plus frappant est la diversité :Le théâtre est partout, tout les milieux sociaux le connaissent,et sous des formes nombreuses et contrastées. Ce théâtre est lié étroitement à la fête. La fête offre une occasion favorable au jeu parce qu’il réunit le public, exprime le désir du divertissement et assure une liberté de parole inhabituelle.

Cette récurrence festive nous apparaît lors de La Fête des fous.

Grand cycle festif de Noël à l’épiphanie, elle est aussi connue sous le nom de la Fête de l’âne.

D’une façon étonnante, voire paradoxale, cette fête, célébration du désordre, des renversements des hiérarchies, est éclose dans les cercles de l’église. Le jour de la fête, dans les cathédrales, les élèves de l’école ecclésiastique, les enfants de cœur, les sous-diacres et autres clercs subalternes, élisaient un évêque des fous ou un pape des fous et célébraient une liturgie parodique : revêtus des ornements sacrés, ils faisaient une procession grotesque, puis chantaient des prières parodiques.

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Une cavalcade populaire à travers les rues suivait la parodie liturgique dans l’église. Inévitablement, le jeu du renversement des situations et des valeurs tourne à la satire, et de cette façon naît une critique de mœurs qui, sous ses allures de rire, étonne par ses accents libres et ses impertinences. Pas de grands moments de révoltes ou de pamphlets haineux, la fête parle par images et par pirouettes. Elles se fait par et pour les clercs des rangs inférieurs et il ne s’agit pas d’une contestation de l’église par les laïcs. Si les autorités religieuses acceptent ces fêtes et lâchent la bride aux petits clercs, à l’intérieur et à l’extérieur de l’église, c’est pour mieux les contrôler le reste de l’année ! La Fête des Fous intégre alors une forme de régulation sociale. L’exutoire que représente la Fête des fous légitime la hiérarchie imposée. Les autorités voient cette hiérarchie bousculée un jour mais la savent acceptée pour toujours puisqu’ils légitimes eux même ce bouleversement. Contrôlée par les autoritées, cette Fête devient une forme de catharsis destinées à contenir les subalternes.

Preuve de ce contrôle : interdictions et condamnations se feront de plus en plus fréquentes vers la fin du Moyen-Âge, à mesure que les fêtes deviennent plus débridées et plus contestatrice.

L’Eglise, les docteurs et les évêques, y voient une atteinte à la dignité des serviteurs de Dieu et relent trop vif de traditions anciennes, qualifiées de païennes, trop proches des divertissements des profanes. La Fête des fous ne restent bientôt qu’un souvenir. Le burlesque, désormais profane va se développer d’autres façons.

Le Carnaval est une forme d’investissement festif de l’espace public.

Il est l’héritier, l’imitation, et le rival à la fois, de la fête des clercs, ces divertissements liés au cycle liturgique ; il est aussi l’héritier des jeux burlesques et satiriques offerts par la ville, souvent inspirés par les travers ou les abus de la société. Jeu bourgeois, le carnaval lance et déroule dans la ville une cavalcade effrénée, une de ces processions joyeuses qui ponctuent la saison des fêtes, amusent et mêlent les foules. Non seulement les autorités n’y sont pas hostiles, mais elles vont même jusqu’à les subventionner.

Le Carnaval marque les derniers jours d’avant la Carême, au moment ou l’on peut encore manger des plats de viande : « carne vale ». C’est du Mardi gras au Mercredi des cendres, une cérémonie de passage qui exalte la joie de vivre et la prospérité, c’est une fête de l’abondance. Le gros Carnaval, juché sur un tonneau, attaque à coups de jambons et d’andouilles une Dame Carême, décharnée, qui réplique à grands revers de harengs et de carrelets. Tel était le combat théâtralisé offert par à tous sur la place publique.

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Breughel

Le Combat de carnaval et de carême (Kunsthistorisches Museum de Vienne; 118 x164,5 cm ;

Le carnaval règne sur la ville. Cette prise de possessions se marque notamment par l’occupation des rues et l’interpellation des passants. Le rire carnavalesque lève les interdits et les tabous ; il possède, dans une certaine mesure, une charge de contestation de l’autorité. Les pouvoirs urbains ont donc un rôle contradictoire. La ville revendique et organise ces fêtes, mais va devoir se sentir obligé de les encadrer et de les contrôler. Cette évolution va avoir une conséquence considérable :la fête populaire va devenir une fête pour le peuple qu’il s’agit de divertir, mais que l’on renvoie peu à peu à une passivité du spectateur.

Aux XVeme et XVI eme siècles, le Carnaval est de en plus un spectacle offert par la bourgeoisie à la cité entière. Le Carnaval devient dés lors propices au développement des farces et sotties, genres caractéristique de la fin du Moyen-âge. Farce et sotties n’ont besoin ni de grands décors,ni de costumes luxueux. Le seul élément scénique indispensable est le tréteau, « l’échafaud » pour reprendre le terme médiéval. Cette pratique donnera naissance au théâtre des tréteaux, rencontré dans les foires pendant très longtemps et pratiqué par des troupes ambulantes allant dans les campagnes. Avec La Renaissance le Théâtre « dit » se substitue au théâtre « écrit ».C’est l’apparition du théâtre de texte. A partir du XVIème siècle le théâtre va lentement abandonner la rue pour entrer en salle.

Bibliographie sur le théâtre de rue :

Heers Jacque, « Fête des fous et Carnavals », Hachette, Collection Pluriel, Paris, 1997

Chaudoir Philippe « Discours et figures de l’espace public à travers les Arts de la rue, La Ville en Scènes » L’Harmattan, paris, 2000…

Anne Gonon

Institut d’étude Politiques de Lyon

Mémoire de fin d’études.

« Clown et Farceurs » Nathan.

« La Culture Saltimbanque » Le monde de l’éducation octobre 1998.

« Les arts de la piste :une activité fragile entre tradition et innovation »Dominique F orette(Avis et rapport du conseil économique et social).1998.

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